La Reconstruction


Histoire d'Orléans


Le centre ville

Le bilan de la guerre

La ville a subi deux vagues de bombardements aériens :
- les raids allemands en juin 1940 qui ont touchés la rue Royale, le quartier de l'église Saint-Paul, le bas de la rue Bannier, l'ouest de la place du Martroi, la maison de Jeanne d'Arc et les archives municipales de la rue d'Illiers
- les raids alliés en mai 1944 qui ont touché principalement les rues des Carmes et d'Illiers, la gare des Aubrais, le faubourg Bannier, et dans une moindre mesure la place du Martroi, la place Gambetta, la cathédrale et les rues de Jargeau, Xaintrailles, Maréchal Foch et Charles Péguy.


Panorama des destructions en 1941 depuis la tour de Saint-Paul (cliquez pour agrandir)

Au total on dénombre plus de 3000 habitations détruites totalement et plus de 8000 partiellement.


Quartiers du centre ville touchés par les bombardements (par rapport au plan actuel)

Les projets

Après les premières destructions de 1940, des projets de reconstruction sont déjà envisagés par des architectes dont certains d'entre eux deviendront après la guerre des collaborateurs du ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme.
Parmi les idées d'aménagement, figure la construction d'un gratte-ciel sur la place de Gaulle afin de créer un pendant moderne à la Cathédrale Sainte-Croix. Ce projet ne sera pas retenu. Le bâtiment aurait dû avoir une architecture proche de celle de l'hôtel des postes situés à La Source.
Les quais changent de physionomie grâce au déblaiement des gravats ; ceux-ci sont en effet entassés quai Saint Laurent, permettant ainsi de le rehausser.
Le manque de matériaux et plus généralement de moyens empêche la réalisation des projets de reconstruction qui seront reportés à l'après-guerre.

De plus, à la fin de la guerre, ces projets sont critiqués par les urbanistes et architectes qui s'intéressent à la reconstruction d'Orléans. Les élus prennent alors conscience que la reconstruction est une chance de réaménager et de développer la ville, mais qu'il s'agit aussi d'une immense responsabilité.
Pour les aider à élaborer et à choisir les projets, ils créent une commission extra-municipale dite "La Renaissance d'Orléans" devant laquelle le maire Pierre Chevallier prononce un discours dans lequel il affiche de grandes ambitions : conserver l'héritage du passé sans hypothéquer l'avenir, reconstruire la rue Royale en lui restituant avec ses arcades son caractère architectural, assainir et rénover le vieux centre urbain, aménager une gare unique entre Orléans et Fleury-les-Aubrais et édifier un nouveau quartier résidentiel sur l'espace ainsi dégagé et les quartiers détruits par les bombardements de 1944. Il prévoit aussi d'adapter la voirie urbaine pour la connexion avec les futures autoroutes, mais aussi pour mieux gérer la circulation interne, avec trois ponts, dont un se situerait près du pont ferroviaire de Vierzon. Pierre Chevallier souhaite aussi doter la ville d'infrastructures permettant d'en faire une capitale régionale.

Les élus ont bien conscience que ces projets très ambitieux et nécessairement très coûteux dépendront en grande partie de la volonté de décentralisation du gouvernement.

Les réalisations

Le plan de reconstruction élaboré en 1940 a remis au goût du jour des projets d'aménagement du centre-ville étudiés avant-guerre. Comme évoqué plus tôt, peu de ces projets voient le jour pendant la guerre.

Parmi les réalisations de guerre, la plus notable est celle du prolongement de la rue Jeanne d'Arc, de l'angle de la rue Royale à la nouvelle place de Gaulle qui sera créée à son extrémité.

Pour faire face à la pénurie de main d'oeuvre, un procédé de préfabrication révolutionnaire mis au point par Pol Abraham, l'architecte en chef, est expérimenté sur l'ilot 4 entre la rue du Colombier et la place du Martroi. On peut encore voir aujourd'hui de nombreux immeubles construits sur ce modèle, notamment dans les rues Bannier, des Carmes ou du Colombier.


Le projet de gare unique

Les bombardements de 1944 ont détruit la gare des Aubrais ainsi que les quartiers situés entre Orléans et cette même gare. Jean Royer, urbaniste en chef, propose de remplacer les gares d'Orléans et des Aubrais par une gare unique orientée Est-Ouest qui se situerait entre le cimetière et l'actuel boulevard de Québec. La surface libérée par la gare d'Orléans permettrait alors d'édifier un quartier résidentiel.

Avant la guerre
Projet de gare unique
Etat actuel

Malheureusement, le projet nécessite de nouvelles boucles de raccordement qui passeraient sur le territoire des communes de Fleury-les-Aubrais et de Saran. Les élus concernés s'y opposent vigoureusement.
De plus, la SNCF et le ministère des transports hésitent à s'engager dans un projet aussi coûteux et finissent par renoncer.
En décembre 1954, la municipalité abandonne le projet de gare unique et décide de rénover la gare d'Orléans, conservant ainsi le système des navettes entre Orléans et les Aubrais.


Les ponts sur la Loire

Les trois ponts existants ont été détruits totalement ou en partie :
- Pont George V : détruit partiellement
- Pont de Vierzon (chemin de fer) : détruit totalement
- Pont Joffre : détruit totalement

Pont George V

En octobre 1944, on construit pour les piétons une passerelle posée sur les décombres et reliée par une rampe à 45° à la partie restée intacte.

En novembre, un pont provisoire horizontal en bois est mis en place, permettant le passage des voitures sur une seule voie.
La reconstruction en pierre des arches détruites sera terminée en janvier 1947.

Pont de Vierzon

Le pont de Vierzon a échappé aux bombardements de 1940, mais il est détruit le 8 juin 1944.
En attendant sa reconstruction, une gare provisoire est mise en place sur la rive gauche. Les voyageurs doivent alors rallier la gare d'Orléans à pied et inversement.
Le 21 novembre 1944, un pont provisoire est installé, sur lequel les trains peuvent circuler à vitesse réduite.

Le pont définitif reconstruit quelques mètres en amont de l'ancien sera ouvert en juillet 1947.

Pont Joffre

Détruit entièrement en juin 1940 par le génie français, il ne sera reconstruit qu'en 1959.